Un projet de nouvelle certification pour les granulés : EN plus
En octobre 2009 lors des rencontres Interpellets à Stuttgart en Allemagne et en 2010 lors de l’European Pellet Conference à Wels, les professionnels de la filière des granulés de bois ont pu participer à la présentation de « EN plus » ; nouvelle certification développée par les allemands mais à vocation européenne pour les granulés. Elle devrait être opérationnelle dans les mois à venir.
« EN plus » est un système de certification volontaire, basé pour l'essentiel sur le projet de norme européenne prEN 14961 (Partie 2) en gestation depuis plusieurs années, mais sans en être strictement son application.
Cette certification sera concurrente de « DIN plus » et de « NF Biocombustibles » dont le référentiel se met également en conformation avec le standard européen. Ces deux certifications, historiquement nationales ont leurs avantages. La certification française, « NF Biocombustibles » bien que récente, rassure les consommateurs français par la crédibilité de la marque NF de l'AFNOR. La certification allemande, « DIN plus » est plus ancienne, plus connue et reconnue dans de nombreux pays (cf articles dans les N°2, 3 et 4 de Granulénergie).
La principale innovation associée à la certification « EN plus » tient dans sa mise en œuvre par la filière elle-même sur l'ensemble de la chaîne de production et de distribution. Elle a d'emblée une vocation européenne et se veut applicable dans tous les pays de l'Union.
Elle est également présentée comme plus exigeante à l’égard de la matière première, de la fabrication de pellets, de la logistique, du stockage chez le revendeur et de la livraison chez le consommateur. Elle offrirait donc aux clients une sécurité supplémentaire. Seule la partie sur la fusibilité des cendres semble peu exigeante et reste floue.
Différence entre norme européen et certification
« EN plus » comme la « NF Biocombustible » ou « DIN plus », est une marque commerciale déposée. Elle est donc associée à un système de certification mais ne doit pas être confondue avec la norme européenne EN dont elle a habilement retenu les initiales. NF, DIN plus et EN plus sont trois référentiels de qualité qui sont tous déjà ou seront dans un futur proche basés sur la norme EN.
Il faut différentier les marques et leurs systèmes de certification des normes officielles.
« Une Norme Internationale
est un document, établi par consensus et approuvé par un organisme reconnu, qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats, garantissant un niveau d'ordre optimal dans un contexte donné. » (Source : L’ISO (International Organization for Standardization) et le CEI).
Autrement dit, une norme est un document de référence sur un sujet donné qui indique l'état de la science, de la technologie et des savoir-faire au moment de la rédaction. C'est un standard reconnu et défini dans un cadre régulé par les autorités. Elle est utilisée pour simplifier les relations contractuelles. La norme est le résultat d'un consensus entre acteurs (producteurs, utilisateurs, laboratoires d'analyse, …) et élaboré au cours d'un processus dit de normalisation.
Dans le cas des granulés de bois, la norme européenne en cours de rédaction apportera des définitions précises et chiffrées des caractéristiques que doivent respecter les granulés de bois pour être de bons combustibles. Ses textes portent sur :
- les principales caractéristiques du produit normé (granulé),
- es méthodes d’essais et d’échantillonnage,
- les dispositions d’assurance qualité.
En général, Il n’y a pas d’obligation légale forçant les fabricants ou les prestataires de service à respecter une norme. Elles peuvent cependant être imposées par un donneur d’ordre pour la réalisation d’un contrat ou par des clients qui exigent des garanties en termes de qualité.
Pour garantir qu’un produit respecte une norme ou un référentiel, on fait appelle à un système de certification géré par un organisme certificateur indépendant. Celui-ci garantie grâce un système de contrôle, que le produit ou le service en question respecte bien la norme ou le référentiel.
Les produits peuvent être certifiés à différents niveaux :
- nationales (NF en France, DIN en Allemagne, Önorm en Autriche…)
- européennes (EN)
- nternationales (ISO)

Un référentiel mis en place par des allemands
La certification « EN plus » repose sur un référentiel qui fixe des exigences au niveau technique, organisationnel, et fonctionnel. Ce référentiel, basé pour l'essentiel sur le projet de norme européenne prEN 14961, a été conçu par l’Union d’énergie du bois et de pellets allemande e.V. (www.depv.be) et sous-traité à l’institut de pellets allemand. Cet institut va gérer cette certification en attendant la création d’une association européenne des industries du granulé. Une fois cette association européenne créée, l’institut allemand lui transférera les droits d’accorder les autorisations d’usage « d’EN plus » aux producteurs et distributeurs européens de granulés. A terme cette association transférera les droits aux associations nationales des granulés de chacun des pays.
Trois catégories de produits certifiés
La certification « EN plus » prévoit, conformément à la norme,Trois catégories de produits certifiés :
- La catégorie ENplus-A1,
- La catégorie ENplus-A2 et
- La catégorie EN-B.
Ces différentes catégories se différencient sur plusieurs critères fondamentaux pour la qualité d’un bon granulé biocombustible :
- le type de matières premières utilisables,
- la valeur limite autorisée pour la teneur en cendres
- le pouvoir calorifique,
- le teneur en azote
- la teneur en chlore
- la fusibilité des cendres
A titre comparatif par rapport à ce qui existe actuellement sur le marché, la catégorie de qualité EN-plus-A1 correspondrait à la DIN Plus. La catégorie EN-plus-A2 autorise une teneur en cendre qui sera un peu plus élevée et enfin, la catégorie EN-B (même si aucune définition proprement dite n’est encore donnée), définira une qualité jusqu’ici appelée granulé de qualité industrielle. A l’avenir, les granulés de catégorie EN-B seront utilisés dans les grandes installations et les centrales électriques.
Quelque soit l’une ou l’autre de ces catégories, le bois traité chimiquement ne peut être utilisé comme matière première pour cette nouvelle certification.
Encore plus de traçabilité du produit pour une meilleure qualité
L’un des points forts de cette nouvelle certification est la mise en place d’une traçabilité : toute la chaîne de livraison est intégrée dans le processus de certification.En effet, la qualité des granulés va fortement dépendre de leurs circuits du moment où ils quittent l’usine de fabrication (ou leur lieu de stockage tampon) jusqu’à leurs lieux d’utilisation chez les clients. La satisfaction du client dépend énormément de cette phase de livraison.
De manière pratique, cette nouvelle certification définira une traçabilité qui va se présenter comme suit :
- les bulletins de livraison et les sacs de granulés devront impérativement indiquer par des numéros attribuables qui les a produit et vendu.
- Pour garantir une qualité élevée et constante des granulés livrés, les producteurs de granulés ainsi que les négociants seront certifiés dans le cadre de ce système.
- Un institut de contrôle accrédité procèdera aux certifications qui doivent être confirmées tous les trois ans
Conclusion de GRANULENERGIE
Dans la pratique, les deux systèmes de certification existant en France, « NF » et « DIN plus », tout comme le référentiel en développement « EN plus » convergent dans leurs grandes lignes techniques car ils se veulent tous une mise en application de la norme européenne à venir. En l'absence de normes, la certification crée son propre référentiel et apporte son propre gage de qualité. Quand la norme est en place, la concurrence devient une concurrence de marque et d'image. Des exigences supplémentaires par rapport à la norme peuvent s'y ajouter qu'il conviendra de suivre dans le détail tant pour « EN plus » que pour « NF Granulés bicombustibles » et « DINplus ». Les coûts associés à la certification, payés par le producteur mais inévitablement répercutés au consommateur sont également à prendre en compte et laconcurrence doit jouer.
Nous nous interrogeons sur les risques de confusions pour le consommateur liés à la multiplication des certifications et des logos. GRANULENERGIE reviendra sur les évolutions de ces certifications dans les prochains numéros.