Actualité / Calendrier

Lancement du portail suisse sur les granulés agricoles : www.propellets.ch

 

Le chauffage aux granulés de bois est apparu en Suisse il y a environ une quinzaine d’années et continu à se développer avec beaucoup de succès. Tous les ans, ce sont plus de 2 000 nouveaux ménages qui s’équipent de systèmes de chauffage aux granulés en Suisse. Ainsi à l’heure actuelle, on dénombre plusieurs milliers de ménages qui utilisent le granulé comme combustible pour le chauffage. De grandes entreprises suisses accompagnent le développement de ce marché en garantissant aux consommateurs un combustible de qualité. Afin de poursuivre ce développement, ces acteurs du granulé ont décidé de se regrouper autour d’un groupement d’intérêts : proPellets.ch. Ce groupement d’intérêts compte 33 sociétés membres opérant dans les domaines de la production et du négoce de granulés de bois ainsi que dans la vente et de l’importation d’installations de chauffage aux granulés. Domicilié dans les bureaux d’Energie-bois Suisse à Zurich, proPellets.ch, est dirigé par Monsieur Mathias Grimm. Un de ses objectifs est de répondre à vos questions concernant les pellets.

 

 

 

Le groupement d’intérêts propellets.ch débute ses activités par la mise en place d’une plateforme indépendante traitant du chauffage aux granulés de bois. Lancer à la mi-février, ce site est décliné en trois langues (allemand, français et italien).

On y trouve de nombreuses informations sur :

 

les sources d’approvisionnements (fabricants, revendeurs,…),

les différents équipements de chauffage (poêles, chaudières, cheminées, inserts,….),

les aides financières pour le montage d’un projet individuel ou collectif,

des exemples de réalisations,

des conseils pour les usagers actuels et des arguments pour les futurs usagers,

toute l’actualité sur le marché des granulés,

des publications et des documents à télécharger.

 

Après un mois de présence sur Internet, ce site avait déjà connu plus de 2 000 visites, soit une moyenne de 60 visites par jour. Un visiteur sur trois consulte la version française. Une des principales sources de questionnement est en relation avec la qualité des granulés.

 

Une newsletter : la proPellettre

Un deuxième canal d’informations qu’utilisera régulièrement proPellets.ch est la proPellettre News. La première est sortie le 31 mars 2010. Elle paraît en deux langues (allemand/français) en version compacte sans rubriques fixes et compte déjà 140 destinataires.




Un point sur la situation du marché suisse

Le marché des granulés en Suisse connaît un fort développement en capacité de production et stockage mais aussi en consommation. Les derniers chiffres font état d’une consommation effective de 124 000 tonnes de granulés par an (2008) mais cette consommation augmente d’année en année. La production nationale est estimée entre 90 000 et 115 000 tonnes de granulés par an. Il existe 14 sites de productions de granulés en Suisse.

Les enquêtes menées par Energie-bois Suisse indiquent un taux d’utilisation faible des installations de productions de granulés. Ainsi la capacité de production suisse serait le double de la production actuelle, ce qui pourra permettre de répondre rapidement à une augmentation de la consommation.

La particularité de la Suisse est qu’il existe deux gros producteurs de granulés Tschopp et AEK de plus de 30'000 tonnes, les autres sites de production sont principalement de petites tailles (< 10 000 tonnes). 12 des 14 producteurs ont des volumes de productions compris entre 1 000 et 12 000 tonnes de granulés par an. Seuls 2 producteurs sont Din Plus, les autres producteurs travaillent avec la certification suisse (swisspellet). Le marché de l’exportation est quasi nul mais le marché de l’importation reste très attractif. Le prix moyen constaté en 2009 est de 260 euro ttc la tonne livrée (vrac).




Les capacités de stockage cumulées pour les granulés de bois seraient d’environ 90000t dans ce pays. Selon la direction générale des douanes, les importations de granulés de bois représentent le double des exportations de ce combustible en Suisse.




Tout comme la France et de manière générale, la plus grosse part de consommation est réalisée par les ménages (particuliers). Cependant le chauffage au granulé ne couvre en 2008 que 0,6% des besoins de chauffage.




En 2008, les experts suisses de Transan (www.pelletpreis.ch) ont estimé qu’il y a environ 8 500 chaudières à granulés et 5 000 poêles à granulés installés. Le nombre de ménages se chauffant au granulé augmenterait d’environ 2 000 nouvelles installations chaque année. Le marché des installations de moyennes et grosses puissances tarde à se mettre en place mais les initiatives régionales sont à pied d’œuvre pour un futur développement de ce marché.







 

LA CONFERENCE EUROPEENNE DU GRANULE DES 3 ET 4 MARS DERNIER A WELS, EN AUTRICHE

L'Autriche est un petit pays mais garde un leadership technique et de densité d'utilisation du granulé de bois. La conférence organisée à Wels chaque année est ainsi un des évènements internationaux majeurs du secteur. Elle rassemble des acteurs de la filière venus de toute l'Europe mais aussi d'Amérique du Nord ou même encore d'Asie et d'Amérique du Sud.

Le passage en revue des chiffres par pays en 2009

En dépit de la crise économique mondiale, le secteur du granulé poursuit sa progression globale. On peut classer les principaux pays ainsi :

  • Ceux chez qui l'export domine. C'est le cas du Canada et des USA (1.5 millions de tonnes produites chacun) et de la Russie (1 M t).
  • Les exportateurs à forte consommation intérieure. La production Allemande poursuit sa croissance (1.6 Mt, 1 Mt de consommation), en dépit de la crise qui affecte ses scieries et limite ses disponibilités en matières premières. L'Autriche reste exportatrice (production : 695 Kt, exports : 590 Kt).
  • Les pays importateurs. On y retrouve l'Italie (production 800 000 t, consommation 1.2 Mt) mais aussi le pays forestier qu'est la Suède qui a produit 1.6 Mt en 2009 mais en a consommé 1.9 Mt dont une part importante pour la production d'électricité.

La France a produit 345 000 t de granulés en 2009 et en a consommé 290 Kt. Nous restons encore un petit acteur à côté des pays cités mais notre dynamique de croissance et notre potentiel nous font reconnaître comme un des pays qui comptent en Europe de l'Ouest.

Les méga-usines américaines et russes : pour quel marché ?

Les plus grosses usines de production de granulés au monde ont fait l'objet de présentations parfois spectaculaires. Elles sont situées en Floride (500 000 t/an) mais aussi en Russie (projet d'usine d'1 Mt). Positionnées au cœur de la ressource, en l'occurrence la forêt, ces unités utilisent des rondins comme matière première et servent des marchés exclusivement situés … dans l'Union Européenne ! Pour atteindre les objectifs nationaux de proportion d'électricité d'origine renouvelable, des pays comme la Suède, le Danemark, l'Angleterre ou la Belgique, importent en effet des bateaux entiers de granulé de bois des USA, du Canada ou de Russie. Le surcoût par rapport au charbon est indirectement payé par le contribuable européen qui finance finalement des usines de granulés américaines ou russes !

Deux visions du granulé combustible sont ainsi proposées et peuvent s'affronter à Wels : celles de producteurs valorisant une ressource locale pour servir des besoins de proximité, et celles d'entreprises exportatrices pour qui le granulé est un combustible renouvelable mais dont les marchés sont analogues à ceux du pétrole ou du charbon. Si la qualité et le prix des granulés de bois pour centrales thermiques sont bien inférieurs à ceux des produits adaptés aux usages du particulier, il n'en est pas moins vrai qu'américains et russes ont des coûts de revient moindres, permis par leurs économies d'échelles. Viendront-ils un jour proposer du granulé pour le chauffage du particulier sur nos marchés ? Nos pays d'Europe de l'Ouest ont un atout qu'ils doivent mieux mettre en valeur : la gestion durable effective de nos forêts et de nos ressources, condition clé du caractère renouvelable du granulé de bois.

Un projet d'association européenne du granulé

Au delà des conférences, l'évènement de Wels est l'occasion de nombreuses discussions. Plusieurs associations nationales professionnelles du granulé se sont réunies pour poser les bases de ce que sera l'association européenne du granulé. Le Syndicat National des Producteurs de Granulés de Bois a représenté la France dans ces conversations encore informelles et nous travaillons de concert avec Propellet France pour que notre pays ait une voix forte et unie dans la future association.

Hugues de Cherisey

Secrétaire général du Syndicat National des Producteurs de Granulés de Bois

 

Un projet de nouvelle certification pour les granulés : EN plus

En octobre 2009 lors des rencontres Interpellets à Stuttgart en Allemagne et en 2010 lors de l’European Pellet Conference à Wels, les professionnels de la filière des granulés de bois ont pu participer à la présentation de « EN plus » ; nouvelle certification développée par les allemands mais à vocation européenne pour les granulés. Elle devrait être opérationnelle dans les mois à venir.

« EN plus » est un système de certification volontaire, basé pour l'essentiel sur le projet de norme européenne prEN 14961 (Partie 2) en gestation depuis plusieurs années, mais sans en être strictement son application.

Cette certification sera concurrente de « DIN plus » et de « NF Biocombustibles » dont le référentiel se met également en conformation avec le standard européen. Ces deux certifications, historiquement nationales ont leurs avantages. La certification française, « NF Biocombustibles » bien que récente, rassure les consommateurs français par la crédibilité de la marque NF de l'AFNOR. La certification allemande, « DIN plus » est plus ancienne, plus connue et reconnue dans de nombreux pays (cf articles dans les N°2, 3 et 4 de Granulénergie).

La principale innovation associée à la certification « EN plus » tient dans sa mise en œuvre par la filière elle-même sur l'ensemble de la chaîne de production et de distribution. Elle a d'emblée une vocation européenne et se veut applicable dans tous les pays de l'Union.

Elle est également présentée comme plus exigeante à l’égard de la matière première, de la fabrication de pellets, de la logistique, du stockage chez le revendeur et de la livraison chez le consommateur. Elle offrirait donc aux clients une sécurité supplémentaire. Seule la partie sur la fusibilité des cendres semble peu exigeante et reste floue.

Différence entre norme européen et certification

« EN plus » comme la « NF Biocombustible » ou « DIN plus », est une marque commerciale déposée. Elle est donc associée à un système de certification mais ne doit pas être confondue avec la norme européenne EN dont elle a habilement retenu les initiales. NF, DIN plus et EN plus sont trois référentiels de qualité qui sont tous déjà ou seront dans un futur proche basés sur la norme EN.

Il faut différentier les marques et leurs systèmes de certification des normes officielles.

« Une Norme Internationale makowskif est un document, établi par consensus et approuvé par un organisme reconnu, qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats, garantissant un niveau d'ordre optimal dans un contexte donné. » (Source : L’ISO (International Organization for Standardization) et le CEI).

Autrement dit, une norme est un document de référence sur un sujet donné qui indique l'état de la science, de la technologie et des savoir-faire au moment de la rédaction. C'est un standard reconnu et défini dans un cadre régulé par les autorités. Elle est utilisée pour simplifier les relations contractuelles. La norme est le résultat d'un consensus entre acteurs (producteurs, utilisateurs, laboratoires d'analyse, …) et élaboré au cours d'un processus dit de normalisation.

Dans le cas des granulés de bois, la norme européenne en cours de rédaction apportera des définitions précises et chiffrées des caractéristiques que doivent respecter les granulés de bois pour être de bons combustibles. Ses textes portent sur :

  • les principales caractéristiques du produit normé (granulé),
  • es méthodes d’essais et d’échantillonnage,
  • les dispositions d’assurance qualité.

En général, Il n’y a pas d’obligation légale forçant les fabricants ou les prestataires de service à respecter une norme. Elles peuvent cependant être imposées par un donneur d’ordre pour la réalisation d’un contrat ou par des clients qui exigent des garanties en termes de qualité.

Pour garantir qu’un produit respecte une norme ou un référentiel, on fait appelle à un système de certification géré par un organisme certificateur indépendant. Celui-ci garantie grâce un système de contrôle, que le produit ou le service en question respecte bien la norme ou le référentiel.

Les produits peuvent être certifiés à différents niveaux :

  • nationales (NF en France, DIN en Allemagne, Önorm en Autriche…)
  • européennes (EN)
  • nternationales (ISO)

 

 

Un référentiel mis en place par des allemands

La certification « EN plus » repose sur un référentiel qui fixe des exigences au niveau technique, organisationnel, et fonctionnel. Ce référentiel, basé pour l'essentiel sur le projet de norme européenne prEN 14961, a été conçu par l’Union d’énergie du bois et de pellets allemande e.V. (www.depv.be) et sous-traité à l’institut de pellets allemand. Cet institut va gérer cette certification en attendant la création d’une association européenne des industries du granulé. Une fois cette association européenne créée, l’institut allemand lui transférera les droits d’accorder les autorisations d’usage « d’EN plus » aux producteurs et distributeurs européens de granulés. A terme cette association transférera les droits aux associations nationales des granulés de chacun des pays.

Trois catégories de produits certifiés

La certification « EN plus » prévoit, conformément à la norme,Trois catégories de produits certifiés :

  • La catégorie ENplus-A1,
  • La catégorie ENplus-A2 et
  • La catégorie EN-B.

Ces différentes catégories se différencient sur plusieurs critères fondamentaux pour la qualité d’un bon granulé biocombustible :

  • le type de matières premières utilisables,
  • la valeur limite autorisée pour la teneur en cendres
  • le pouvoir calorifique,
  • le teneur en azote
  • la teneur en chlore
  • la fusibilité des cendres

A titre comparatif par rapport à ce qui existe actuellement sur le marché, la catégorie de qualité EN-plus-A1 correspondrait à la DIN Plus. La catégorie EN-plus-A2 autorise une teneur en cendre qui sera un peu plus élevée et enfin, la catégorie EN-B (même si aucune définition proprement dite n’est encore donnée), définira une qualité jusqu’ici appelée granulé de qualité industrielle. A l’avenir, les granulés de catégorie EN-B seront utilisés dans les grandes installations et les centrales électriques.

Quelque soit l’une ou l’autre de ces catégories, le bois traité chimiquement ne peut être utilisé comme matière première pour cette nouvelle certification.

Encore plus de traçabilité du produit pour une meilleure qualité

L’un des points forts de cette nouvelle certification est la mise en place d’une traçabilité : toute la chaîne de livraison est intégrée dans le processus de certification.En effet, la qualité des granulés va fortement dépendre de leurs circuits du moment où ils quittent l’usine de fabrication (ou leur lieu de stockage tampon) jusqu’à leurs lieux d’utilisation chez les clients. La satisfaction du client dépend énormément de cette phase de livraison.

De manière pratique, cette nouvelle certification définira une traçabilité qui va se présenter comme suit :

  • les bulletins de livraison et les sacs de granulés devront impérativement indiquer par des numéros attribuables qui les a produit et vendu.
  • Pour garantir une qualité élevée et constante des granulés livrés, les producteurs de granulés ainsi que les négociants seront certifiés dans le cadre de ce système.
  • Un institut de contrôle accrédité procèdera aux certifications qui doivent être confirmées tous les trois ans

 

Conclusion de GRANULENERGIE
Dans la pratique, les deux systèmes de certification existant en France, « NF » et « DIN plus », tout comme le référentiel en développement « EN plus » convergent dans leurs grandes lignes techniques car ils se veulent tous une mise en application de la norme européenne à venir. En l'absence de normes, la certification crée son propre référentiel et apporte son propre gage de qualité. Quand la norme est en place, la concurrence devient une concurrence de marque et d'image. Des exigences supplémentaires par rapport à la norme peuvent s'y ajouter qu'il conviendra de suivre dans le détail tant pour « EN plus » que pour « NF Granulés bicombustibles » et « DINplus ». Les coûts associés à la certification, payés par le producteur mais inévitablement répercutés au consommateur sont également à prendre en compte et laconcurrence doit jouer.
Nous nous interrogeons sur les risques de confusions pour le consommateur liés à la multiplication des certifications et des logos. GRANULENERGIE reviendra sur les évolutions de ces certifications dans les prochains numéros.

 

Synthèse du colloque du Syndicat des granulés SNPGB

Le Syndicat National des Producteurs de Granulés de Bois (SNPGB) a organisé son premier colloque sur les granulés de bois le 3 novembre 2009 à Paris, dans le cadre du projet européen PELLETS@TLAS avec le soutien de l’ADEME (Agence de Développement et de Maîtrise de l’Energie) et du SER (Syndicat des Energies Renouvelables).

 
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